C’est dans une atmosphère détendue qu’une quarantaine de personnes ont participé samedi le 10 avril à l’assemblée publique et à la marche surprise organisées par le CSA, malgré une police omniprésente...
Réunies au Carrefour d’éducation populaire, la première partie de la rencontre était consacrée à la présentation du contexte social et politique qui prévaut actuellement dans le quartier Pointe-Saint-Charles, ainsi qu'au rapport de force qui se développe entre les milieux militants du quartier et le propriétaire des terrains du CN, Vincent Chiara.
Une stratégie et des moyens d’actions ont été présentés afin de mettre de la pression sur les autorités politiques et sur le propriétaire, pour que la bâtiment no 7 soit remis aux normes (électricité, chauffage et eau courante) et cédé gratuitement à la communauté.
Dans la 2ième partie, une discussion a eu lieu sur le plan présenté et a permis de faire des précisions supplémentaires et d’ajouter quelques idées. Les participant.e.s ont ensuite été invité.e.s à se joindre à un des 3 comités d’actions qui composeront l’assemblée générale du CSA. Ce sont ces comités qui mettront en œuvre les décisions de l’assemblée générale.
Le souper collectif réalisé par des membres du CSA avec des produits de récupération entamait la 3ième partie de la journée. Par la suite les participant.e.s se sont scindés en deux groupes, ont marché dans les rues de la Pointe et se sont donnés rendez-vous au parc de la Congrégation, menacé de destruction par le projet de Vincent Chiara. Par la suite, tout le monde s’est rendu en face du bâtiment no 7, rue Leber.
En quittant les lieux du rassemblement vers 20h00, les participant.e.s ont lancé, joyeux et joyeuses, la promesse que ce bâtiment devienne le lieu de réalisation des projets du CSA le plus rapidement possible. « À NOUS LE BÂTIMENT NO 7 ».
La seule note discordante de cette journée est venue de la présence policière. Avant même le début de la réunion à 14h00, une auto de police et parfois deux, ont stationné en permanence près du Carrefour. Pourtant, le CSA n’avait fait aucune demande de « protection » de la part de la police. D’ailleurs, ça fait partie des principes de fonctionnement du CSA qui ne souhaite pas collaborer avec les forces de l’ordre, ces protecteurs inconditionnels de l’ordre établi.
Lorsque les participantEs ont marché vers le bâtiment no 7, c’était 4 ou 5 voitures qui suivaient les 2 groupes d’une vingtaine de personnes chacun. Au parc de la Congrégation, quelques pancartes réclamant le bâtiment 7 ont été accrochées à des poteaux et en marchant sur la rue Congrégation les manifestant.e.s ont chanté des chansons du répertoire de la Chorale libertaire de la Pointe, soit « Au chant de la révolte » et « Résistance ». Une dizaine d’ado se sont joints à la marche, heureux semble-t-il de pouvoir utiliser la rue sans crainte de représailles des forces de l’ordre.
Arrivé.e.s en face des terrains du CN, une rangée de policiers protégeaient les entrées et d’autres circulaient autour du bâtiment 7. Au total, il y semblait y avoir autant de polices que de manifestant.e.s.
Il est quand même utile de rappeler que dans les 3 dernières années, le CSA a organisé plusieurs marches et autres événements publics dans le quartier sans aucune présence policière et tout s’est toujours déroulé dans le plus grand calme. Par ailleurs, la seule fois où il y a eu violence, c’est lorsque la police a utilisé inutilement la violence pour évincer les manifestant.e.s qui occupaient pacifiquement le bâtiment vacant situé au 2985 St-Patrick, le 30 mai 2009.
Depuis cette date, la police agit comme si le Centre social autogéré était devenu un repère de violence et de perturbations sociales. Mais le CSA n’a pas l’intention de se laisser imposer par la police une image de « fauteurs de troubles »...